Il y a six ans le Hirak en Algérie…

Il y a six ans le Hirak en Algérie, mouvement populaire de contestation provenant des profondeurs de la société, qui a exprimé la volonté de libérer l'État de l'emprise des clans qui s'affrontent pour assouvir leurs intérêts. C'était un mouvement pacifique qui inaugure une nouvelle façon de faire de la politique et de contester l'autorité de dirigeants autoritaires.

Le Hirak a fait peur aux dirigeants pour qui l'État est un butin et une source de richesses et de privilèges. La modernité du Hirak tient à un principe simple: pas de violence en politique. Ce qui signifie que la vie humaine, que ce soit celle d'un citoyen ou d'un policier, est une valeur au-dessus de toute considération. En étant pacifique, le Hirak a enlevé au régime la possibilité de tuer au nom de la sauvegarde de l'ordre public. Il a aussi neutralisé le prétexte de l'intervention étrangère comme en Libye et en Syrie.

Profitant de la pandémie du Covid et mobilisant sa politique pour faire cesser les marches, le régime s'est restructuré en renforçant l'arsenal judiciaire utilisé contre les voix du Hirak. Alors que la population a demandé une transition démocratique, le régime a opéré une transition vers un autoritarisme plus prononcé. Ce que les dirigeants ne perçoivent pas, et ils ne le perçoivent pas parce qu'ils ont peur, c'est que l'autoritarisme alimente la contestation.

La seule façon de mettre fin aux aspirations du Hirak est d'ouvrir le champ politique. En fermant celui-ci encore plus que par le passé, les aspirations du Hirak perdurent et se renforcent. La pression populaire diffuse et le mécontentement perceptible dans les réseaux sociaux sont les signes que le Hirak est toujours présent.

La population attend l'opportunité, qui surviendra tôt ou tard, pour exprimer publiquement et pacifiquement la revendication principale du Hirak: « madanya machi askaria ». Ce n'est pas une revendication contre l'armée. C'est juste un rappel que celle-ci n'a pas vocation à être impliquée dans la politique, à désigner le président et à mettre sur pied une police politique qui contrôle la société civile. Le Hirak veut que l'État obéisse à la société et non l'inverse.

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