
Entre 2010 et 2017, la production de pétrole a régressé d'environ 0,22 M² Tep/an, l'offre de gaz naturel a baissé de 0,17 M² Tep/an (gaz prouvé et redevance sur le gaz algérien transitant vers l'Italie).
Au niveau de la demande d’énergie fossile, la consommation a continué d’augmenter avec une moyenne de 0,20 M² Tep/an. Ainsi, le déficit en énergie fossile a été multiplié par 8 en 7 ans, passant de 0,6 M² Tep en 2010 à 4,7 M² Tep en 2017 (ce qui représente 49% de la consommation nationale de 2017!).
À raison de 60 USD/baril et d'un taux de change à 2,5 TND/USD, le déficit commercial relatif à l’énergie fossile s'établit à 5,1 Milliards de dinars en 2017, et va s’accroître chaque année de 650 M² dinars.
Avec un baril à 90 USD, ces chiffres sont majorés de 50%: 7,7 milliards de dinars et 1milliard de dinars. C'est-à-dire que l’impact du passage de 60$ à 90$ sur la balance commerciale est d'au moins 3 milliards de dinars supplémentaires pour 2019.
Pire encore, et comme les achats par la STEG du gaz national (Miskar Asdrubal Chargui) ne sont pas effectués en monnaie nationale, l'impact sera encore plus volcanique sur la balance des paiements, et par conséquent sur les réserves en devises ainsi que sur l'endettement extérieur.
Pourquoi nos princes continuent-ils alors à maquiller les chiffres et à tromper leurs sujets ?
Quand vont-ils mettre un terme à la politique d’autruche et à l’attitude de négligence ?
Quand vont-ils décréter l’Etat d’Urgence au niveau de nos finances extérieures ?
Empêchée d’exploiter ses EnR pour booster son agriculture et développer son industrie, la Tunisie est acculée par ses ‘‘amis’’ à privilégier l’installation des IDE d’EnR et à autoriser l’exploration du gaz de schiste.
Le piège des IDE:
Depuis l’indépendance, le FMI et la BM avaient rarement recommandé la réalisation de projets de mise en valeur des richesses naturelles ou d’exploitation des potentiels nationaux.
Ces IBW ont toujours décliné le financement de tels investissements, pourtant générateurs de projets productifs dans divers secteurs, économiquement viables et créateurs d'emplois stables.
On avait prévenu qu’ils refuseront de financer des centrales solaires de production électrique, ou des stations solaires de dessalement d’eau de mer, ou des centrales mixtes (électricité & eau).
On avait averti que leur intransigeance nous acculera un jour à confier la réalisation de ces investissements structurants à des IDE (géants mondiaux de l'énergie).
Nous y sommes maintenant. Pris de panique par la montée rapide du cours du baril, l'Etat Tunisien s'oriente vers les AOI pour dérouler le tapis rouge aux IDE.
Quel gâchis !